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Digital Residency
Project type
Paintings
Date
2017-2018
Location
Gaza
English – Artist’s text
Digital residency
This project marks a turning point in my practice, where the digital screen shifts from a tool of mediation into a subject in itself.
This project began as a digital residency — a year-long exchange between myself in Gaza and the artist Rachel Ashton in Scotland, supported by Deveron Projects. At the time, I was living in a besieged place, unable to cross borders physically. The screen became my only passage.
Through WhatsApp, Skype, and shared images, we exchanged fragments of daily life. I sent Rachel images of Gaza: our routines, family gatherings, celebrations, streets, and familiar places. She shared landscapes from Scotland — open spaces, gardens, changing light. Two women, two realities, connected through a fragile digital thread.
Originally, the project imagined a simple reversal: I would paint landscapes from Scotland, and Rachel would paint scenes from Gaza. But living in Gaza means that even vision is unstable. Electricity is scarce. Internet is weak. The window to the world flickers, freezes, and disappears.
I realized that everything I was seeing — places, people, nature — was filtered through a screen. I began working from screenshots: interrupted images, pixelated scenes, paused videos. The icons of everyday digital failure became part of the paintings: low battery, no signal, loading bars. These symbols are not decorative; they are the true landscape of my daily life.
The battery about to die, the unstable connection, the blurred image — all reflect a condition of suspended presence. I am connected, yet constantly on the verge of disappearance. Even when the world opens, it does so temporarily, conditionally.
This work is not only about technology, but about power, access, and fragility. It asks what it means to see the world when your vision depends on electricity, signal, and permission. The digital space becomes both a bridge and a reminder of distance.
Through this project, I did not cross borders — but I touched them. I did not travel — but I witnessed. The screen became my landscape, and the interruption became my reality.
Français – Texte de l’artiste
Résidence numérique
Ce projet marque un tournant dans ma pratique, où l’écran numérique cesse d’être un simple outil pour devenir un sujet à part entière.
Ce projet est né d’une résidence numérique — un échange d’un an entre moi, à Gaza, et l’artiste Rachel Ashton en Écosse, soutenu par Deveron Projects. À cette période, je vivais dans un territoire assiégé, incapable de franchir les frontières physiquement. L’écran est devenu mon seul passage.
À travers WhatsApp, Skype et le partage d’images, nous avons échangé des fragments de nos vies quotidiennes. J’envoyais à Rachel des images de Gaza : nos rituels, nos réunions familiales, nos fêtes, nos rues, nos lieux familiers. Elle partageait avec moi des paysages d’Écosse — des espaces ouverts, des jardins, une lumière changeante. Deux femmes, deux réalités, reliées par un fil numérique fragile.
Au départ, le projet imaginait un simple échange de regards : je peindrais des paysages écossais, et Rachel peindrait Gaza. Mais vivre à Gaza signifie que même le regard est instable. L’électricité est rare. La connexion est faible. La fenêtre sur le monde clignote, se fige, puis disparaît.
J’ai compris que tout ce que je voyais — les lieux, les visages, la nature — passait par un écran. J’ai commencé à travailler à partir de captures d’écran : images interrompues, scènes pixellisées, vidéos figées. Les icônes de la défaillance numérique quotidienne se sont imposées dans les tableaux : batterie faible, absence de signal, chargement infini. Ces symboles ne sont pas décoratifs ; ils constituent le véritable paysage de mon quotidien.
La batterie sur le point de s’éteindre, la connexion instable, l’image brouillée traduisent un état de présence suspendue. Je suis connectée, mais toujours menacée de disparition. Même lorsque le monde s’ouvre, il le fait de manière temporaire et conditionnelle.
Ce travail ne parle pas seulement de technologie, mais de pouvoir, d’accès et de fragilité. Il interroge ce que signifie voir le monde lorsque le regard dépend de l’électricité, du signal et de l’autorisation.
À travers ce projet, je n’ai pas franchi les frontières — mais je les ai effleurées. Je n’ai pas voyagé — mais j’ai vu. L’écran est devenu mon paysage, et l’interruption, ma réalité.

























