English – Artistic Journey
My artistic journey began at the Beaux-Arts department of Al-Aqsa University in Gaza, where I graduated in 2006. Since then, my practice has evolved through a series of solo and group exhibitions across Palestine and internationally. Among my solo exhibitions are Passeport (2013), presented in Gaza, Jerusalem, and the West Bank; Musical Spectrum (2014) in Sharjah, United Arab Emirates; and Messages of the Wall and the Soul (2017), exhibited at the Institut français in Gaza, Jerusalem, and several cities in the West Bank.
In parallel, I participated in numerous group exhibitions in Gaza, notably at the Institut français, Eltiqa Gallery, and Shababik Gallery. These early works focused on walls and borders, and on how systems of enclosure inscribe themselves into the daily, intimate, and psychological lives of Palestinians. The body, the wall, and the interior space formed the core vocabulary of my visual language.
A significant turning point in my practice occurred in 2017 through the digital residency Marcher sans les murs, developed in collaboration with the Scottish cultural organisation Deveron Projects and the artist Rachel Ashton. At that time, I was still living in besieged Gaza. The project unfolded through a year-long electronic exchange, using digital platforms as a means to overcome — if only virtually — the physical and political borders imposed on the territory.
While the initial premise involved exchanging painted landscapes between Scotland and Gaza, the reality of living under siege transformed the project profoundly. Limited electricity, unstable internet connections, and interrupted communication made the screen itself visible as a fragile interface. Working from screenshots, pixelated images, and video stills, I began integrating digital error messages, low-battery icons, and connectivity failures directly into my paintings. This moment marked a shift in my practice, where the digital screen ceased to be a mere tool of mediation and became a subject in itself — revealing new forms of confinement, distance, and suspended presence.
In 2017, I was awarded an artist residency at the Cité internationale des Arts in Paris. In 2019, I was granted asylum, enabling me to further develop my artistic career in France. Since then, I have undertaken several residencies, including at the Fondation Dufraine of the Académie des Beaux-Arts in Chars, the Maison des Artistes en Exil in Saint-Briac, and a return to the Cité internationale des Arts through a grant from the City of Paris, where I occupied the “Ville de Paris” studio until March 2021.
These experiences allowed me to integrate into the French art scene through exchanges with artists, participation in group exhibitions — notably Correspondance at the Cité internationale des Arts in Montmartre — and through curatorial and editorial projects, including the organisation of an exhibition and catalogue at the Villa des Pinsons in Chars with the support of Muriel Mayette Holtz.
In 2021, I received funding from the cultural association AL-Mawred (Lebanon) and the A. M. Qattan Foundation (Ramallah) to realise the exhibition project Réalité virtuelle at the Cité internationale des Arts. I later participated in a six-month residency at the École Supérieure d’Art d’Annecy within the PAUSE Programme.
That same year, I completed a Master II degree in Geopolitics of Art and Culture at Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, receiving the highest distinction (mention très bien). My dissertation, From Gaza to Paris: Trajectories and Lives of Palestinian Visual Artists in Exile, examined the relationship between artistic production and political engagement in contemporary Palestinian history, situating this inquiry within my own painting practice, shaped by contexts of extreme political and symbolic violence.
Through painting and drawing, I continue to explore questions of identity, exile, confinement, and memory. In my work, digital error messages, icons, and notifications disrupt painted landscapes and scenes, highlighting the fragility of connection to the outside world. These technological interferences operate as metaphors for invisible borders that regulate access, visibility, and belonging.
My ongoing project Human Error examines what contemporary life gradually loses under digital governance: the flattening of experience, the commodification of emotion, and the erasure of memory. Working across painting, text, and visual code, the series approaches disappearance not as an accident, but as a deliberate political process — through censorship, content moderation, displacement, and violence. Two initial works from the series were exhibited at the Palais de Tokyo; the remainder is currently in development.
I am currently developing a new body of diptychs and artworks that extend Human Error into material engagements with archives, digital repositories, and community narratives, bringing together place and memory through experimental compositional forms.
Français – Parcours artistique
Mon parcours artistique débute aux Beaux-Arts de l’Université Al-Aqsa à Gaza, où j’obtiens mon diplôme en 2006. Depuis, ma pratique s’est développée à travers de nombreuses expositions personnelles et collectives en Palestine et à l’international. Parmi mes expositions personnelles figurent Passeport (2013), présenté à Gaza, Jérusalem et en Cisjordanie ; Musical Spectrum (2014) à Sharjah (Émirats arabes unis) ; et Messages du mur et de l’âme (2017), exposé à l’Institut français de Gaza, de Jérusalem et dans plusieurs villes de Cisjordanie.
Parallèlement, j’ai participé à de nombreuses expositions collectives à Gaza, notamment à l’Institut français, à la galerie Eltiqa et à la galerie Shababik. Ces premières œuvres interrogeaient les murs et les frontières, et la manière dont les systèmes d’enfermement s’inscrivent dans la vie quotidienne, intime et psychique des Palestiniens. Le corps, le mur et l’espace intérieur constituaient alors le vocabulaire central de mon langage plastique.
Un tournant majeur dans ma pratique s’opère en 2017 avec la résidence numérique Marcher sans les murs, développée en collaboration avec l’organisation culturelle écossaise Deveron Projects et l’artiste Rachel Ashton. À cette époque, je vivais encore à Gaza, sous blocus. Le projet s’est construit à travers un échange électronique d’un an, utilisant les plateformes numériques comme tentative de franchissement — même virtuel — des frontières physiques et politiques imposées au territoire.
Alors que le projet prévoyait initialement un échange de paysages peints entre l’Écosse et Gaza, la réalité du siège a profondément transformé cette démarche. Les coupures d’électricité, la faiblesse du réseau et les interruptions constantes ont rendu l’écran lui-même visible comme interface fragile. En travaillant à partir de captures d’écran, d’images pixellisées et de vidéos figées, j’ai commencé à intégrer dans mes peintures des messages d’erreur, des icônes de batterie faible et des signaux de connexion instables. Ce moment marque un basculement dans ma pratique, où l’écran numérique cesse d’être un simple outil de médiation pour devenir un sujet à part entière, révélant de nouvelles formes d’enfermement, de distance et de présence suspendue.
En 2017, j’ai été accueillie en résidence à la Cité internationale des Arts à Paris. En 2019, l’obtention de l’asile m’a permis de poursuivre et de développer ma carrière artistique en France. Depuis, j’ai effectué plusieurs résidences, notamment à la Fondation Dufraine de l’Académie des Beaux-Arts à Chars, à la Maison des Artistes en Exil à Saint-Briac, ainsi qu’un retour à la Cité internationale des Arts grâce à une bourse de la Ville de Paris, où j’ai occupé l’atelier « Ville de Paris » jusqu’en mars 2021.
Ces expériences m’ont permis de m’intégrer largement dans la scène artistique française à travers des échanges avec des artistes, la participation à des expositions collectives — notamment Correspondance à la Cité internationale des Arts de Montmartre — ainsi que des projets curatoriaux et éditoriaux, dont l’organisation d’une exposition et la production d’un catalogue à la Villa des Pinsons à Chars avec le soutien de Muriel Mayette Holtz.
En 2021, j’ai bénéficié de soutiens de l’association culturelle AL-Mawred (Liban) et de la Fondation A. M. Qattan (Ramallah) pour la réalisation du projet d’exposition Réalité virtuelle à la Cité internationale des Arts. J’ai ensuite participé à une résidence de six mois à l’École Supérieure d’Art d’Annecy dans le cadre du programme PAUSE.
La même année, j’ai obtenu un Master II en Géopolitique de l’art et de la culture à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, avec la mention très bien. Mon mémoire, De Gaza à Paris : trajectoires et vies d’artistes visuels palestiniens en exil, analyse les liens entre production artistique et engagement politique dans l’histoire contemporaine palestinienne, en relation avec ma propre pratique picturale, façonnée par des contextes de violence politique et symbolique extrême.
À travers le dessin et la peinture, je poursuis une exploration des notions d’identité, d’exil, d’enfermement et de mémoire. Dans mes œuvres, les messages d’erreur numériques, icônes et notifications perturbent les paysages et les scènes peintes, révélant la fragilité du lien avec le monde extérieur. Ces interférences technologiques deviennent des métaphores des frontières invisibles qui régissent l’accès, la visibilité et l’appartenance.
Mon projet en cours, Human Error, interroge ce que la vie contemporaine perd progressivement sous la gouvernance numérique : l’aplatissement de l’expérience, la marchandisation des émotions et l’effacement de la mémoire. Croisant peinture, texte et code visuel, la série envisage la disparition non comme un accident, mais comme un processus politique délibéré — à travers la censure, la modération des contenus, le déplacement et la violence. Deux premières œuvres ont été exposées au Palais de Tokyo ; le reste de la série est en cours de développement.
Je développe actuellement un nouvel ensemble de diptyques et d’œuvres qui prolongent Human Error vers des formes matérielles en dialogue avec les archives, les dépôts numériques et les récits communautaires, afin d’explorer des compositions où lieux et mémoire se recomposent.









