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Virtual Reality
Project type
Paintings
Date
2019-2021
Location
Paris
English – Artist’s text
The series of paintings that form Virtual Reality is part of an ongoing inquiry into the essence of our physical existence within an increasingly virtual world. A world no longer chosen, but imposed — one that we nonetheless inhabit fully, with all its contradictions, fragilities, and paradoxes.
This project took shape in Paris during the first lockdown, while I was living at the Villa des Pinsons, an artist residency of the Académie des Beaux-Arts. After leaving Gaza in 2019 — a place where confinement is constant, visible, and political — I found myself, only months later, enclosed once again, but this time within a global condition. The entire world had entered an experience I knew intimately: isolation, waiting, and the suspension of time.
Virtual Reality is an attempt to engage with this new human condition, shaped by social distancing, repeated lockdowns, and the gradual erasure of the boundary between doing something and doing nothing. Days blur into one another, gestures repeat, and time loses its structure. Within this state, I question how we confront ourselves — our emotions, our fears, and our solitude — in a world where presence is increasingly mediated by screens.
This project holds a central place in my artistic practice, as it extends my earlier work on enclosure and exile while shifting it into a universal dimension. What was once a deeply personal experience tied to Gaza becomes here a shared reality. Isolation is no longer only geographical or political; it becomes collective.
The digital windows that appear throughout these paintings are not merely formal devices. They represent an ambivalent relationship to the world. They open a passage while simultaneously reinforcing distance. They connect, yet isolate. The window becomes both promise and boundary, hope and confinement — an experience I had lived intensely in Gaza and encountered again here, under different circumstances.
Virtual Reality also functions as an intimate diary of exile. It speaks of absence, uprootedness, and solitude, but also of the desire to exist, to situate oneself, and to continue inhabiting the world despite everything. It is both an artistic and an identity-based construction — a way of facing myself, and of positioning myself within a world that fascinates me as much as it unsettles me.
This project moves between fullness and emptiness, life and absurdity, presence and erasure. It does not seek answers, but rather makes visible an ordinary experience that has become radical. At the core of this fragmented reality, Virtual Reality remains, above all, a fragile and persistent search for happiness — elusive, uncertain, yet profoundly necessary.
Réalité virtuelle
Français – Texte de l’artiste
La série de peintures constituant Réalité virtuelle s’inscrit dans un processus de recherche continu autour de l’essence de notre existence physique à l’intérieur d’un monde devenu virtuel. Un monde qui ne relève plus du choix, mais de la contrainte — et que nous habitons pourtant pleinement, avec toutes ses contradictions, ses fragilités et ses paradoxes.
Ce projet a pris forme à Paris, durant le premier confinement, alors que je vivais à la Villa des Pinsons, résidence de l’Académie des Beaux-Arts. Après avoir quitté Gaza en 2019 — un territoire où l’enfermement est permanent, visible et politique — je me suis retrouvée, quelques mois plus tard, dans un autre type de clôture. Cette fois, elle était globale. Le monde entier entrait dans une expérience que je connaissais intimement : l’isolement, l’attente, la suspension du temps.
Réalité virtuelle est une tentative de dialogue avec cette nouvelle condition humaine, marquée par l’éloignement social, les confinements successifs et l’effacement progressif de la frontière entre agir et ne rien faire. Les jours se ressemblent, les gestes se répètent, et le rapport au temps devient instable. Face à cette situation, il s’agit de comprendre comment se confronter à soi-même — à ses émotions, à ses peurs, à sa solitude — dans un monde où la présence passe désormais par des écrans.
Ce projet occupe une place centrale dans ma pratique artistique, car il prolonge mon travail sur l’enfermement et l’exil, tout en l’inscrivant dans une dimension universelle. Mon expérience personnelle, longtemps liée à Gaza, se transforme ici en une expérience partagée. L’isolement n’est plus seulement géographique ou politique : il devient une condition commune.
Les fenêtres numériques traversant ces peintures ne sont pas de simples éléments formels. Elles symbolisent une relation ambivalente au monde. Elles ouvrent un passage, tout en renforçant la distance. Elles relient, mais isolent. La fenêtre est à la fois promesse et limite, espoir et enfermement — une expérience que j’avais déjà vécue à Gaza, et qui s’est rejouée ici, sous une autre forme.
Réalité virtuelle est aussi un journal intime de l’exil. Il parle du manque, du déracinement, de la solitude, mais aussi du désir d’exister, de se situer et de continuer à habiter le monde malgré tout. C’est une construction à la fois artistique et identitaire, une manière de me tenir face à moi-même, et face à un monde qui me fascine autant qu’il m’inquiète.
Ce projet oscille entre le plein et le vide, la vie et l’absurde, la présence et l’effacement. Il ne cherche pas à apporter des réponses, mais à rendre visible une expérience ordinaire devenue radicale. Au cœur de cette réalité fragmentée, Réalité virtuelle demeure avant tout une recherche fragile et obstinée du bonheur — un bonheur incertain, insaisissable, mais toujours désiré.





































